14/11/2017

Chef de projet, un vrai métier ?

Avoir un enfant qui réfléchit et analyse beaucoup, cela fait souvent rire par de bons mots, voire cela impressionne par la pertinence d’une logique. Mais cela peut poser aussi une vérité cruelle, laisser s’ouvrir les vannes d’une réflexion jusque là repoussée. Nous étions dans le bus, et mon cadet (6 ans et demi… même s’il ne compte plus les 1/2 pour arriver plus vite à l’année suivante !) m’a demandé : « Mais qu’est-ce que tu fais comme métier ? ». Gros malaise. Comment expliquer le rôle d’un chef de projet, le domaine dans lequel je travaille quand il n’y a aucune production concrète, que tout est dématérialisé. Je m’y suis essayé, sans succès. Pas convaincu, il a conclu abruptement par ces mots : « Mais ce n’est pas un vrai métier. En fait, tu es derrière un ordinateur et bla bla bla et bla bla bla. » (sic).
Longue introduction qui traduit, avec les mots et le raisonnement d’un enfant certes, la difficulté à cerner mon métier. A y mettre une réalité concrète et compréhensible par tous. Ma consultante Pôle Emploi, très fine et avec mille idées à la minute, m’a d’ailleurs suggéré de me prêter à l’exercice, de réfléchir à une présentation qui aurait du sens pour un enfant. M’encourageant à m’inspirer de ce qui est fait dans l’émission Au tableau ! sur C8. De la façon dont les hommes politiques qui ont joué le jeu ont réussi à expliquer des processus complexes aux enfants.

La gestion de projet, tout le monde en fait

Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, chacun d’entre nous fait de la gestion de projet, dans sa vie professionnelle et/ou dans sa vie personnelle. Quand il s’agit d’acheter un logement, d’organiser un voyage, d’écrire un livre ou même de survivre jusqu’à la fin du mois. En effet, gérer un projet c’est organiser d’un bout à l’autre la mise en oeuvre d’un projet. Avec un délai et des étapes intermédiaires à mettre en place, des moyens techniques, humains et financiers, un livrable correspondant à un objectif, mais aussi des risques à évaluer et contourner, des responsabilités à définir. Il semble alors nécessaire de désigner un chef de projet* pour piloter l’ensemble des tâches nécessaires à la livraison du projet, quel qu’il soit (objet, événement, processus, bâtiment…).

Le chef de projet, un chef d’orchestre…

Le chef de projet est comparable à un chef d’orchestre ; il dirige (au sens de direction, comme le marin pilote son bateau) l’ensemble des acteurs intervenant dans la réalisation d’un objectif spécifique et mesurable, par le biais d’outils de pilotage et de mesure. Il fait le lien entre tous, s’assure que chacun a ses outils pour produire sa partie, anime et ajuste pour que tous travaillent en harmonie et dans le rythme, surveille d’un coin de l’œil ceux dont il peut attendre quelques retards ou décalage, encourage par l’écoute et le regard. Il doit connaître la musique, la partition, être flexible pour diriger plusieurs instruments en même temps. Mais ce n’est pas lui qui produit les notes, la mélodie. Il ne fait que donner le tempo pour que tous sortent le son attendu, au bon moment afin que l’harmonie soit respectée, que la musique s’élève et donne satisfaction et émotion.

… qui s’entoure d’experts

Difficile de faire de la chefferie de projet une expertise en soi ; on fait forcément de la gestion de projet dans un domaine précis : digital, technique, fonctionnel, maîtrise d’ouvrage, domestique, marketing, éditorial, santé, culturel… Je trouve qu’on a encore trop tendance à privilégier les connaissances et compétences techniques au détriment des compétences managériales, au savoir-être si précieux dans cette fonction. Il est d’ailleurs symptomatique de constater qu’à chaque fois que l’intitulé d’une offre ou d’un poste ne précise rien (Chef de projet uniquement), cela correspond à un poste technique, d’ingénieur ou de développeur. Ou alors, le terme est tellement vague qu’on est obligé de mettre tout et un peu n’importe quoi dans le descriptif (ex, vu dans une annonce : « En fonction des projets, vous êtes PMO (Project Management Officer), Consultant AMOA ou Chef de projet (fonctionnel ou technique)). Un vernis technique sur tel ou tel outil, nécessaire pour comprendre les enjeux du projet, peut s’acquérir. Une capacité d’écoute, de diplomatie ou de leadership, beaucoup moins.
Tout comme un manager, le chef de projet fait faire plus qu’il ne fait. Mais cela ne signifie pas qu’il ne fait rien. Il manage, gère, dirige, pilote l’équipe. J’aime d’ailleurs le titre anglais, Project Manager, qui introduit une notion de management (le plus souvent transversal, sans notion hiérarchique), de gestion, beaucoup plus présente que dans le très étroit Chef de projet. Prenons par exemple (au hasard, bien sûr !) le Chef de projet Digital Learning. Il doit être capable de comprendre les enjeux de la formation digitale, les différents formats existants ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients, la façon de communiquer auprès de ceux qui feront cette formation, comment les convaincre, les embarquer, comment aussi en mesurer les effets. Il est celui qui aide le client à définir son besoin, qui s’assure de lui proposer la solution la plus adaptée en ayant consulté les experts** au préalable. Il n’est pas celui qui produit le module e-learning, mais il doit savoir à qui s’adresser pour le faire faire.

Chef de projet, un vrai métier

Le chef de projet est un expert de la gestion de projet. Cela fait un peu lapalissade, mais c’est ce qui me convient de mieux. Il met en oeuvre un ensemble de compétences parfois techniques (planning, gestion des risques, analyse chiffrées…) mais surtout de savoir-être au service d’un projet. Il se doit d’être organisé, rigoureux, diplomate, inventif, créatif, communicant, doté d’un leadership et d’une écoute, capable de gérer des conflits et d’encourager.
*Par confort, j’utiliserai le masculin, « le chef de projet ». Et qu’on y voit aucune domination autre que celle de l’habitude ! 
**Je ne résiste pas : voici un lien vers une vidéo très drôle (mais pas uniquement) sur le rôle d’un expert !
Comments

3 thoughts on “Chef de projet, un vrai métier ?

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