18/12/2017

Lecture de Novembre

Petit mois en quantité (3 livres lu seulement dont un de plus de 700 pages tout de même), mais plutôt de très grande qualité. Et j’ai pris le temps aussi de faire autre chose. Ne surtout pas me presser, ne pas me comparer à tous ces blogueurs qui publient plus vite que leur ombre ; digérer mes lectures, les goûter, prendre des notes et les partager selon mon envie.

Life – Keith Richards

Cela ne vous aura pas échappé sur mon compte Instagram que nous avons eu la chance avec mon mari d’assister au concert des Rolling Stones le 25 octobre dernier. Il faisait beau, doux, les enfants étaient loin chez leurs grands-parents et nous étions sur un petit nuage. Pour prolonger cet instant magique, je me suis plongée dans cette autobiographie de plus de 700 pages, écrite avec l’aide du journaliste James Fox. Ce livre m’attendait sagement depuis au moins deux ans. Quand je vous dis qu’une lecture c’est aussi et surtout une rencontre. C’est absolument passionnant. De l’enfance dans le Kent, à Dartford, en passant par les clubs londoniens, des tournées américaines aux séjours dans les Caraïbes. Une vie faite d’amitiés, d’amour, d’alcool et de drogues, mais aussi de riffs, de musique, d’accords et d’écriture. Tout y est dit, avec beaucoup d’honnêteté, quitte à déplaire à certains, et de passion aussi pour la seule chose qui compte vraiment  : la musique.

« L’Angleterre était souvent dans le brouillard mais il y avait aussi un brouillard de mots qui persistait entre les gens. »
« J’étais une éponge à musique, voilà. »

« C’est en écoutant ces musiciens que j’ai compris que le silence était la toile sur laquelle il fallait peindre. »

« Qu’est-ce qui pousse à écrire des chansons ? D’une certaine façon, on a envie de se glisser dans le coeur des gens, de s’y installer ou au moins de le faire résonner, et c’est là que les gens s’avèrent être un instrument plus puissant que celui dont vous jouez. »

« Mick Jagger ? C’est une bande de mecs à lui tout seul. Et c’est lui qui décide auquel tu auras droit. »

« Le rock’n’roll, c’est une bande de types qui produisent du son dans un lieu clos, un son qu’il suffit de capturer. Et c’est ce son qu’ils font ensemble qui compte, pas les sons individuels. »

Points (2010) – Traduit par Bernard Cohen et Abraham Karachel

Le vent Paraclet – Michel Tournier

Pourquoi ce livre ? C’est une bonne question à laquelle je ne saurais pas trop répondre avec précision. Si ce n’est que j’étais un jour chez une enseigne parisienne qui vend des livres d’occasion, que je cherchais un livre de Michel Tournier parce qu’une émission il y a quelques mois m’avait donné envie de me replonger dans cet auteur. Qu’il y avait certainement autre chose que Vendredi ou la vie sauvage, lecture imposée en classe de 5ème ou 4ème et que je n’avais pas aimée. Sans le savoir, je suis tombée avec ce livre sur un essai à la fois autobiographique, dans la première partie, et explicatif sur la création littéraire en général, et plus détaillé sur 3 de ses œuvres (Le roi des Aulnes, Les Météores et Vendredi).
J’aime beaucoup son écriture, et je me régale actuellement avec Gaspard, Melchior et Balthazar, dont je vous parlerai bien vite.

« Mais tout le monde n’a pas un métier qui lui permet de mettre en musique ses propres pleurs. »

« Toute éducation littéraire doit commencer par les contemporains. »

« Or il me semble justement que nous assistons dans l’histoire de l’éducation à une diminution progressive de la part d’initiation face à une influence envahissante de l’information. » (paru en 1977 !)

« … l’inspiration n’est pas l’état dans lequel se trouve le poète écrivant des vers, mais celui dans lequel il espère mettre le lecteur de ses vers. »

« Oui, tout le monde a du génie, lequel n’est pas un énorme et solitaire diamant, mais une poussière scintillante pulvérisée sur tous les hommes. »

« La beauté est la chose du monde la plus répandue, mais notre regard asservi aux besoins quotidiens ne la voit pas. Il faut l’intervention autoritaire du peintre, du sculpteur, de l’architecte pour déchirer le voile gris que notre fatigue jette sur le monde. »

Folio ; Gallimard, 1977

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une – Raphaëlle Giordano

Alors, franchement, ce n’est pas le premier livre que j’aurais acheté. Le titre semblait pourtant accrocheur, le sujet en « feel good books » plutôt attirant, mais j’avais vu tellement de critiques négatives, ou tout au moins pas franchement dithyrambiques que j’avais renoncé à l’acheter. Du coup, je vous le donne en mille Emile, c’est mon chéri qui est revenu un jour avec. Alors, oui, c’est un peu gnangnan et tiré par les cheveux, mais quand on patauge dans une réalité sociale et professionnelle peu glorieuse, cela peut faire du bien de rencontrer ce genre de livre, bourré de petites phrases de motivation personnelle. Pas de la grande littérature, mais quelques émotions. Après tout, c’est le minimum qu’on demande à une lecture.

« Un rêve d’enfant qui part aux oubliettes, c’est la scoliose du cœur assurée ! »

« Ainsi, je devais m’entraîner à être à l’affût du Beau. L’expérience se révéla intéressante ! »

 » La confiance en soi est votre plus bel atour. Rayonnez et vous serez irrésistible ! »

« Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle présent. »

« Ce moment complice fut une occasion unique de déposer le fardeau de nos meurtrissures respectives et nous apporta une belle rédemption. Là où il n’y avait plus de notre histoire que pointillés et points de suspension, nous venions de rouvrir les guillemets. »

Pocket ; Eyrolles, 2015
Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.