14/03/2018

Coups de coeur de Janvier et autres lectures

Compte tenu du délai plus que colossal (nous avons bien entamé « Mars de ses doigts de soleil pâle » comme le dirait Rosemonde Gérard), j’ai décidé de transformer un peu ce billet. Au lieu de vous détailler tous les livres que j’ai lu (et parce que je n’aurais pas le temps, l’énergie et la mémoire), je vais vous présenter mon ou mes coups de coeur. Et parce qu’il ne faut pas faire de jaloux, parfois ce seront des coups de griffes. L’important étant de créer une émotion, bonne ou mauvaise.

Dans la forêt – Jean Hegland (coup de coeur)

La vraie lecture coup de poing du mois de janvier.

« Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses. »

Livre magnifique qui vous happe tout entier. C’est comme entrer dans une autre dimension, celle du paroxysme des 4 éléments que sont la terre, l’eau, l’air et le feu. C’est entrer en communion avec la nature, vivre au rythme des saisons et des tristesse, loin de cette civilisation en plein chaos. Une ode à l’amour, à l’espérance, mais aussi la traduction la plus crue de la violence de la vie.

« Sans musique, ce n’est pas de la danse, ce sont des exercices. J’ai besoin de la sensation, de l’émotion. »

« Il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut. »

« Les matins étaient frais, couverts d’une brume venue du littoral, les après-midi lourds de chaleur, et les soirées qui suivaient amples et douces avec l’air sur nos bras nus comme de la soie et des nuages roses haut dans le ciel d’un bleu s’assombrissant. »

« Pourtant il y a une lucidité qui nous vient parfois dans ces moments-là, quand on se surprend à regarder le monde à travers ses larmes, comme si elles servaient de lentilles pour rendre plus net ce que l’on regarde. »

Traduit par Josette Chicheportiche

Gallmeister ; 2017 pour la traduction française

Voyage au centre de la terre – Jules Verne

Autre challenge auquel je me suis attaquée : le Reading Classic Challenge 2018 lancé par Lilly & Books qui propose de lire l’un des deux auteurs classiques proposés chaque mois (ou les deux si l’envie vous en prend). En janvier j’avais le choix entre Jules Verne et la marquise de Sévigné. Je n’ai hésité longtemps sur l’auteur. Ni sur l’oeuvre. Commencer l’année en relisant le roman qui m’avait fait vivre ma vraie première expérience de lecture dévorée me semblait l’impulsion nécessaire pour 2018. Voyage au centre de la terre... emprunté à la bibliothèque Vauban à Versailles lors d’une sortie scolaire en classe de CM2. Mme G*, mon institutrice, m’avait même demandé d’aider une de mes camarades qui détestait lire à choisir un livre. Je ne me souviens pas si j’avais réussi dans cette mission délicate, en revanche je me rappelle parfaitement du livre emprunté. Dans une collection de petite taille, genre Pléiade, épais, écrit en très petit. Et une lecture marathon qui avait duré deux jours. Une grande fierté et une plongée à la fois au coeur de la terre et de la littérature.

Axel est le neveu du professeur Lidenbrock, professeur de géologie qui vit en Allemagne. Ce dernier, farfelu, têtu, opiniâtre et passionné découvre par hasard un parchemin qui indique à n’en pas douter un passage vers le centre de la terre, au cœur des massifs islandais. « Otto Lidenbrock n’était pas un méchant homme […] mais, à moins de changements improbables, il mourra dans la peau d’un terrible original. » Il n’en faut pas plus pour le professeur et son jeune neveu pour partir au devant de grandes aventures, encouragé même par la pauvre fiancée d’Axel, Graüben, qui reste avec la servante du professeur à Hambourg. « Ah ! femmes, jeunes filles, cœurs féminins toujours incompréhensibles ! Quand vous n’êtes pas les plus timides des êtres, vous en êtes les plus braves ! La raison n’a que faire auprès de vous ! »

Malgré quelques longueurs de description, c’est un roman époustouflant, une épopée aussi fantasque qu’improbable.

Autres lectures

Three Brothers – Peter Ackroyd

Pourquoi cette lecture : The Bowie book club, créé par le fils de David Bowie qui propose de lire pendant l’année les oeuvres préférées de son père. Bon évidemment, je n’ai pas lu le livre recommandé (Hawkmoor) car impossible à trouver en anglais et pas traduit en français. Je me suis rabattue du coup sur celui-ci, en anglais au moins pour découvrir l’auteur dans sa langue originale.

Comme le dit le titre, l’histoire de 3 frères dans l’Angleterre contemporaine. Très bien ficelé et dans un anglais très accessible. Une vraie belle découverte.

Jours barbares – William Finnegan

L’histoire autobiographée de ce journaliste américain. Une belle rétrospective de la vie en Amérique des années 60 à 2000. Mais non surfeurs s’abstenir, les pages sur la description des vagues sont à la fois les plus complexes et probablement les plus intimes, les plus profondes… et les plus longues.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours – Dino Buzatti

Une petite fantaisie, un conte  écrit par Dino Buzatti pour les enfants. Où comment le roi ours, Léonce, part à la recherche de son fils, Tonin, enlevé par les chasseurs. C’est une histoire de magicien, de château hanté, de fantômes, d’attaques de sanglier et de larmes aussi. C’est très particulier, peut-être à lire en italien pour mieux en savourer la poésie.

Le charme discret de l’intestin – Giulia Enders

Un hasard de disponibilité. Et heureusement que je ne l’ai pas acheté. A part quelques lignes plutôt amusantes et décomplexantes, ce livre ne m’a pas plu. J’ai réussi à aller jusqu’au bout (sans doute parce que je n’avais rien d’autres à lire à ce moment).

 

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