05/04/2018

Bakhita – Véronique Olmi

Impossible d’échapper à ce livre, omniprésent dans mon environnement littéraire, géographique et amical. D’abord parce que ce livre a remporté le premier Grand prix des blogueurs littéraires auquel j’ai participé avec joie en décembre dernier. Ensuite parce que j’ai découvert à cette occasion que l’original de la photo de couverture est conservé au Musée Nicéphore Niepce à Chalon-sur-Saône, région chère à mon cœur. Enfin parce que plusieurs de mes amis étaient en train de le lire et que leur avis, assez unanime, a fini par me convaincre. Ne manquait plus que l’occasion… arrivée en Bourgogne justement lorsque mon père m’a dit qu’il l’avait emprunté à la bibliothèque du village. Je suis tombée des nues…. Je n’aurais jamais imaginé que ce petit bourg avait une bibliothèque, et encore moins que mon cher père y aurait emprunté ce livre.

Je l’ai littéralement avalé en deux jours, laissant de côté mes enfants, mon mari, mes parents, le soleil, puis la neige.

Le récit de cette enfant, arrachée à son village à l’âge de 7 ans, par les marchands d’esclave du Soudan et qui termine sa vie comme religieuse en Italie est bouleversant. On découvre comment chaque pas est arraché à la vie, à la violence, aux coups, chaque respiration le fruit d’un cheminement intérieur, la survie la seule réponse possible à un destin qu’elle sait plus fort qu’elle. Et tant qu’il y aura de la beauté, c’est qu’il y aura de la vie, de la peine comme de la joie.

« Elle l’a appris [esclave, mot de l’absence] et puis elle a continué à vivre, comme font les petits enfants qui jouent et ne savent pas qu’ils sont en train de grandir et d’apprendre. »

« Elle ne comprend pas la phrase, elle comprend les sentiments. Et c’est comme ça que dorénavant elle avance dans la vie. »

« Bakhita comprend qu’on peut tout perdre, sa langue, son village, sa liberté. Mais pas ce que l’on s’est donné. On ne perd pas sa mère. Jamais. C’est un amour aussi fort que la beauté du monde… »

« Elle a pleuré parce que Dieu savait tout, toute sa vie. Il l’a vue, et puis elle a compris que Dieu, c’est un amour qui se pose. »

« Elle a senti la bouche de sa mère sur sa nuque, des lèvres fraiches, mouillées, qui avant de l’embrasser ont mordu sa peau toute neuve et chuchoté à son oreille, d’une façon unique, joyeuse et infaillible, son nom de naissance. »

A lire absolument.

Albin Michel – 2017 – 407 pages

Autres lectures de février

L’imperfetta meraviglia – Andrea de Carlo

Une « harlequinade » qui se déroule dans le Sud de la France entre une glacière venue d’Italie et une rock star sur le déclin. Pas vraiment de souvenir impérissable, le seul intérêt étant dans la pratique de la lecture en italien. Ce qui n’est déjà pas si mal.

Le quatrième mur – Sorj Chalandon

Très honnêtement, il a fallu que je me replonge dans mes note pour avoir une idée plus précise de cette histoire, dont j’avais seulement retenu qu’elle se passait entre Paris et Beyrouth, autour d’une pièce de théâtre à monter. Je suis restée un peu perplexe devant ce livre et encore maintenant, à l’heure de le partager, je serais bien en peine de vous dire si cela m’a plu ou pas. J’imagine que me poser la question donne déjà une idée de la réponse.

« Je pensais que notre amitié se nourrissait de distance et je m’étais trompé. J’avais perdu trois ans de lui. »

« La beauté de ce sol, le tourment de ce ciel. Jouer sous les étoiles d’automne plutôt que pour des hommes en ruine. »

« Personne ne sait ce qu’est un massacre. On raconte toujours le sang des morts, jamais le rire des assassins. »

Livre de Poche (Grasset et Fasquelle – 2013) – 327 pages

Nouvelles orientales – Marguerite Yourcenar

Dans le cadre du ReadingClassicChallenge dont j’ai déjà parlé ici, je devais choisir pour le mois de février entre Zelda Fitzgerald et Marguerite Yourcenar. La seconde a eu mes préférences, mais peut-être aurais-je du tenter l’inconnu et oser Zelda !

Il y a fort longtemps, j’ai lu Mémoires d’Hadrien qui m’avait bien plu mais dont hélas, je n’ai gardé aucun souvenir précis. J’ai en matière de lecture une mémoire de poisson rouge. Je ne garde que les impressions, les sentiments, les histoires, elles, s’envolent. Je réussis à le trouver à la bibliothèque, mais en format Pléiade. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles j’ai dû l’abandonner au bout de 3 pages. Fort marrie, je m’enquiers sur un fil Twitter très actif (@VendrediLecture) de l’œuvre la plus facile à lire de Marguerite, la moins ardue en somme. On me conseille alors Nouvelles orientales. C’est sûr qu’avec des nouvelles, je dirais même des contes, la tâche semblait beaucoup plus facile. Et bien pas tant que cela, et franchement j’en viendrai à citer l’un des protagonistes « Croyez-moi, Philipp, ce dont nous manquons, c’est de réalités. »

Illustrations Georges Lemoine – Gallimard – 2016

 

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