21/05/2018

D’Alfred de Musset à Truman Capote où la lecture de grands classiques

Parce qu’il s’est passé trop de temps pour décrire mes lectures mensuelles, parce qu’il est toujours bon de se recentrer sur les classiques, parce que pour une fois que je reste concentrée sur un challenge autant le souligner, voilà donc mes quelques lectures classiques de mars et avril.

#ReadingClassicsChallenge2018

La traversée de l’été – Truman Capote

Choix de mars (Zelda Fitzgerald ne m’inspirait pas plus que cela) un peu compliqué par le fait que je m’étais déjà attaqué à cet auteur si particulier. Et à chaque fois, j’ai dû renoncer. Il m’a fallut donc chercher une oeuvre accessible qui ne me résiste pas trop.

Et puis je suis tombée sur La traversée de l’été, premier roman de Truman Capote (écrit probablement aux alentours de 1943) qui n’a été publié qu’en 2005 après avoir été retrouvé dans une vente aux enchères.

Ce roman est passionnant. On se retrouve très vite complètement pris dans cette histoire d’amour entre Grady, une très jeune bourgeoise désabusée, à la famille absente, et Clyde Manzer, un jeune homme gardien de nuit sur un parking. Le tout dans l’atmosphère d’un été brûlant à New York. Ensorcelant et magnétique. Brillant.

“Elle le tenait dans l’ombre depuis si longtemps qu’il risquait de se désincarner, absorbé par la nuit.”

“Rien ne dissipait mieux l’ennui que le frisson du danger.”

“Puisque l’on connait le passé et que l’on vit au présent, pourquoi ne pourrait-on pas croiser l’avenir en rêve ?”

Summer Crossing Traduit par Gabrielle Rolin, préface Charles Dantzig ; Grasset, 2006 ; 193 pages

La mystérieuse affaire de Styles – Agatha Christie

Pour Avril, entre Marivaux et Christie, le choix s’est vite porté sur l’un de mes auteurs favoris. Mais pour que ce challenge garde un goût de découverte, j’ai opté pour son premier roman, La mystérieuse affaire de Styles. Ecrit en 1917, pendant la guerre, il n’est publié qu’en 1920 aux Etats-Unis puis seulement l’année suivante en Angleterre.

L’on y découvre Hercule Poirot, moins maniéré ou tiqueux que dans les romans suivants ou les adaptations, avec même un fond de sympathie et d’humanité. Comme souvent, les méchants ne sont pas les plus mauvais et les gentils sont loin d’être les mieux intentionnés.

“L’imagination est une qualité lorsqu’elle sert, mais un défaut si elle commande. Plus l’explication est simple, plus elle est probable.”

“Très sérieusement. Car la chose la plus sérieuse au monde se trouve dans la balance, voyez-vous.
– Et c’est ?
– Le bonheur d’une femme, mon ami.”

“Chaque assassin est le vieil ami de quelqu’un, observe Poirot avec philosophie. On ne devrait jamais confondre sentiment et raisonnement.”

The Mysterious Affair at Styles, nouvelle traduction de Thierry Arson (1991) ; Livre de Poche, 223 pages

Double classique de Mars

La confession d’un enfant du siècle – Alfred de Musset

Lors des vacances de février, l’une de mes tantes m’a proposé de choisir quelques livres dans une collection de grands classiques. Mon premier choix s’est naturellement porté sur La confession d’un enfant du siècle d’Alfred de Musset. Mes enfants sont à l’école Musset, rue de Musset, je me suis dit que c’était l’occasion idéale de découvrir ce grand poète. Par le biais de cet unique roman, autobiographique, dans lequel l’auteur s’adresse à George Sand avec qui il eut une liaison pendant plusieurs années.

Octave, jeune dandy parisien, est au désespoir lorsqu’il découvre que sa maîtresse le trompe. D’abord tenté par une vie de débauche, il finit, à la mort de son père, par se retirer sur ses terres. C’est là qu’il tombe sous le charme de Brigitte, une jeune veuve, qui finit par partager ses sentiments. Mais Octave, jaloux et méfiant, finit par détruire ce qu’il redoutait de perdre.

“Alors il s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse. Tous ces enfants étaient des gouttes d’un sang brûlant qui avait inondé la terre…”

“Une femme pardonne tout, excepté qu’on ne veuille pas d’elle.”

“La perfection n’existe pas ; la comprendre est le triomphe de l’intelligence humaine ; la désirer pour la posséder est la plus dangereuse des folies.”

“L’incertitude est de tous les tourments le plus difficile à supporter…”

L’école des loisirs ; Le Seuil – 1992 – 1ère édition 1836

Le portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde

Deuxième livre choisi car cela faisait une éternité que je voulais lire ce livre, extrêmement connu pour ses aphorismes dont le fameux « Le seul moyen de se délivrer de la tentation c’est d’y céder. »

Ce roman oscille entre fantastique, étude de société, morale et philosophie. Et l’on suit avec fascination l’évolution et la chute de ce jeune, toujours et encore jeune dandy anglais, Dorian Gray.

A lire et relire.

« C’est l’unique charme du mariage, de ménager une vie de déception absolument nécessaire aux deux parties. »

« Je choisis mes amis pour leur belle mine, mes connaissances pour leur belle renommée, et mes ennemis pour leur bel esprit. »

« Les femmes […] nous inspirent des chefs d’oeuvre qu’elles nous empêchent toujours de réaliser. »

« Nous vivons dans un âge qui lit trop pour être sage, et qui pense trop pour être beau. »

The Picture of Dorian Gray – Traduit par Edmond Jaloux et Félix Frapereau ; Ecole des loisirs, 1992

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