09/09/2018

Le temps des vacances

Ciel de Sicile
Ciel inspirant de Sicile, vue sur l’Etna

Avec le temps va, tout s’en va…

Y compris les illusions d’un été chaud et ensoleillé. J’ai démarré ce billet alors qu’il pleuvait régulièrement depuis 5 jours… en Sicile… au mois d’août. Cette île nous a offert son plus beau visage de terre de contrastes, capable du meilleur comme du pire, terre de soleil, de lave et de pluie. Surprise à notre arrivée début août par la verdure de la nature, lauriers roses éclatants en bord d’autoroute, palmiers, citronniers, bougainvillées, je comprends mieux maintenant alors que l’orage quotidien a versé ses tombereaux de pluie. De l’eau qui jaillit du ciel, à torrent, je n’entendais plus que le flot continu des caniveaux gonflés. Puis, sans prévenir, alertée par le chant des oiseaux, cela cessait tout aussi brusquement. Il a été bien difficile de faire des prévisions ; la plage était plutôt à prévoir le matin, mais sans rien d’assuré. La bonne chose, c’est que les touristes étaient aussi rares que le soleil durant ces jours. Il y avait donc, quelle que soit l’heure de notre arrivée, de la place pour la voiture et pour nous, en premier rang bord de mer. Avec pour seul horizon celui que la mer et le soleil nous donnaient.

 

L’heure de la contemplation

Ce temps météorologique nous a imposé un temps de vacances, un temps différent bien entendu du temps quotidien mais aussi et surtout de celui tant attendu. Quand le soleil parcimonieux, les amis à voir, les cousins à saluer, un garde-corps à repeindre, remplissent les journées d’un temps qu’on n’a pas choisi. Il faut alors accepter d’abandonner tout ce qu’on avait prévu de faire, de rebattre les cartes et prendre à la journée ces petits moments de liberté. Apprécier la brume dans la pinède, la beauté d’une méduse, le soleil après la pluie, l’odeur de champignon et d’herbe mouillée, les grains de raisin luisant sur la vigne, la glace au melon, la granita au citron et l’arancino à la pistache. Poser dans un coin, sur une chaise ou dans un panier, tout ce qui aurait du remplir vos vacances (écrire un livre, des billets de blog réguliers, pertinents et percutants, faire travailler les enfants, lire autant que possible…) et se réjouir de jouer au président ou aux petits chevaux avec les enfants, de cuisiner les aubergines savoureuses du potager d’un ami de la famille ou même simplement se laisser aller à la mélancolie et regarder la pluie tomber, drue.

Marina di Cottone - Fiumefreddo di Sicilia (au fond, sur le piton rocheux, Taormina)
Marina di Cottone – Fiumefreddo di Sicilia

 

Sicile, terre d’histoire et de decouvertes

Heureusement, comme chaque été depuis deux ans maintenant, nous partons visiter une autre partie de l’île, découvrir cette île au passé si riche et si varié. Après les gorges de l’Alcantara, Caltagirone (2016), les îles éoliennes, Lipari et Vulcano (2017), nous avons mis le cap sur Agrigente, et plus précisément la vallée des temples. En effet, partis seulement pour une journée, il a fallu se limiter et se concentrer sur le site des temples grecs d’Agrigente. Impressionnant. Pas toujours très intéressée par ces sites où il faut souvent faire un sacré effort d’imagination, je dois pourtant reconnaître que la concentration, la localisation et l’état de certains temples m’ont soufflée. Sur un piton rocheux allongé d’au moins 2 kilomètres, pas moins de 6 temples ont laissé des traces, plus ou moins visibles. Alors que la ville moderne, de l’autre côté du vallon dans lequel se trouve un superbe jardin (à ce qu’il paraît, les picci étaient trop fatigués pour y aller), contemple ces vestiges vieux de plus de 2500 ans.

Temple de la Concorde - Agrigente
Temple de la Concorde – Agrigente
Temple de Castor et Pollux (enfin, ce qu'il en reste) - Agrigente
Temple de Castor et Pollux (enfin, ce qu’il en reste) – Agrigente

Autrement, lorsqu’un coup de blues survient, nous grimpons dans la voiture et après 20 minutes (si nous avons eu assez d’audace pour y aller un jour de concert, et d’entêtement pour ne pas s’arrêter au panneau Parking completo), l’incontournable Taormina nous offre quelques moments de grâce. Parcourir le corso, s’échapper par un escalier, s’arrêter manger la « granita con brioche » ou regarder la foule bigarrée, en bref s’immerger tel des touristes dans une atmosphère unique.

le temps de la RÉFLEXION

Les vacances en Sicile, pourtant toujours au même endroit et dans un contexte familial similaire, sont chaque année différentes. Parce qu’on y arrive avec un bagage physique et psychique différent, que les enfants ont grandi et nous gagné en sagesse, un peu. Chaque soir sur le balcon, au-dessus de la rue, que l’air soit frais, humide ou délicieusement doux, nous nous asseyions. Avec les enfants, puis sans eux, partis se coucher. Quelques cacahuètes, un peu de glace ou de limoncello et la parole se libère. Les rêves, les doutes, les joies ou les agacements, l’organisation du lendemain, les envies profondes, les commentaires sur la vie locale, les souvenirs, les projets. La vie. Pour que demain, quoi qu’il arrive, soit toujours à nous.

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