La panthère des neiges (Sylvain Tesson) et Les grands cerfs (Claudie Hunziger)

Les circonstances, le hasard ou tout autre nom que vous voudrez bien donner à cet événement non prévu et prévisible, fait que j’ai lu ces deux livres successivement. L’un offert par Maritomio un samedi matin tout gris et l’autre gagné sur un concours Instagram. Deux livres non choisis, bien que désiré en tout cas pour le premier. Il m’est apparu comme une évidence que je devais en faire une chronique commune.

Panthères ou grands cerfs, ce sont deux récits (ou romans, mais finalement est-ce toujours bien nécessaires de distinguer le genre, dans les deux cas une histoire m’est contée et c’est ma seule vérité. On verra pourtant que la distinction se fait naturellement.) sur la patience et l’introspection, l’abandon de soi.

Deux livres sur l’affut, l’art de se mettre en embuscade pour guetter sa proie. Un affut à des fins de chasse que pourtant ni l’un ni l’autre ne pratique. Bien au contraire. Pour Sylvain Tesson « l’affut est une foi modeste », « l’affut était une prière », « l’affut était un mode opératoire » alors que pour Claudie Hunzinger « l’affut était confortable ».

Là, fut… deux livres aussi où finalement « le processus l’emportait sur le résultat, car ce rituel, je le devinais, n’était pas tant fait pour contempler un cerf que pour m’extraire avant tout de moi-même. » Sylvain Tesson explique quant à lui qu’à chaque vision de la panthère c’est une personne aimée et perdue qu’il retrouve pour mieux lui dire au revoir sans doute. Là, fut…

Un apprentissage de la patience, de la contemplation, de l’attente, quand le monde nous incite à courir toujours plus vite. « J’ai beaucoup circulé, j’ai été regardé et je n’en savais rien. C’était mon nouveau psaume et je le marmonnais à la mode tibétaine, en bourdonnant. »

J’ai de loin préféré La panthère des neiges. Parce que c’est un récit, et que par définition il n’y pas vraiment de fin attendue. La fin, ce moment si important et délicat pour en faire un prochain début et qui souvent laisse perplexe. Ainsi, je n’ai pas compris la fin du roman Les grands cerfs ; ce qui m’a du coup laissé une impression mitigée.

Et comment résister quand Sylvain Tesson convoque dans son récit Jack London, Karen Blixen, Proust ou Aristote. « L’intensité avec laquelle on se force à jouir des choses est une prière adressée aux absents. »

La panthère des neiges, dernière phrase :

« Adieu panthères ! »

Les grands cerfs, dernière phrase

« J’aurais voulu lui crier : Sauve-toi, Apollon ! Sauve-toi ! »

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